Courir pour vivre – Partie 2/2

Stories, Trail, Yoann Stuck
Yoann Stuck

C’est en 2010, alors qu’il n’avait plus fait de sport depuis son adolescence, pesant 90 kg et ayant une mauvais hygiène de vie, que Yoann Stuck décide de se mettre à courir du jour au lendemain après avoir arrêté de fumer. Il devient ainsi un des meilleurs Français sur Trail*. Découvrez la seconde partie du récit de Yoann Stuck.

Retrouvez ici la premère partie de l’interview de Yoan Stuck

Au début de ma nouvelle vie de sportif, je n’ai pas effectué de changement au niveau alimentaire. Cela s’est fait 3 à 4 mois après mes débuts dans la course à pied. Je mangeais toujours des pizzas le soir, parce que j’étais pizzaiolo. En revanche, quand je suis monté sur Lyon, mon mode de vie a changé. J’y suis allé pour ma compagne qui est originaire de cette ville. Je me suis dit que j’y allais pour tenter ma chance.

La première difficulté a été de trouver un bon rythme, de courir longtemps, d’être régulier. Quand j’ai commencé à courir une heure et quart, une heure et demie, il fallait que je garde le même rythme, afin de ne pas me blesser : j’avais souvent des petites tensions. Pour me renforcer,  je mixais salle de sport et course à pied,  pour être plus solide, plus gainé et utiliser tout le corps. En essayant de ne pas prendre trop de masse.

Au bout de six mois de course à pied, on m’a conseillé d’aller en club car c’était le meilleur moyen de progresser. C’est là que j’ai eu le plus de difficulté. Il fallait gérer tout ce qui était fractionné. C’était vraiment nouveau pour moi. Il fallait tenir et être régulier .

Quand je me suis mis à la course, ma source de motivation était surtout une question d’équilibre et de santé. C’était vraiment par souci d’avoir une bonne hygiène de vie que je me suis mis au sport.

Le sport m’apporte énormément. Mon mode de vie a beaucoup changé. Je ne vois plus les choses de la même manière. Je fais plus attention et je me sens mieux dans mon corps. Je me sers de mon ancienne vie pour me dire ça. Il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé en dehors de mon alimentation.

Professionnellement, aujourd’hui, je suis entraîneur. Mais quand je suis arrivé sur Lyon, je travaillais sur les marchés. Après deux ans et demi, trois ans, j’ai bossé dans une boutique de course à pied. Puis, j’ai été vendeur dans une boutique de sport outdoor. Donc là, c’était tous les sports d’extérieur qui étaient mélangés. Et à un moment, je me suis dit que j’allais me lancer comme coach puisqu’on me demandait souvent des conseils. J’ai passé un diplôme pour pouvoir exercer et derrière pouvoir enseigner. J’y suis allé “step by step”. J’ai lancé ma plateforme qui s’appelle « TOWN TO TRAIL AND CO ». Je m’occupe de dix à quinze gars. Je fais des camps d’entraînement et j’ai un suivi quotidien. A côté de ça, j’ai créé une autre entité qui s’appelle « TOWN TO TRAIL ACADEMY ». J’y fais intervenir des gars que je connais, des amis qui sont entraîneurs et qui peuvent partager avec moi leur savoir-faire. Comme j’ai beaucoup de demandes et que je ne peux pas avoir plus d’athlètes, je les fais travailler. On essaie d’avoir de la proximité, même à distance, on ne travaille pas qu’avec des personnes qui sont sur Lyon.

Aujourd’hui je m’entraîne cinq à sept fois par semaine. Il m’arrive parfois d’en faire plus car j’essaie de polariser un petit peu sur certains aspects de mon entraînement.

Crédit Photo / Droit Réservé

Ma compagne, m’aide beaucoup sur tout l’aspect organisation. Sur tout ce qui est bien-être et, notamment, l’alimentation. Elle me fait gagner du temps car je cours en permanence après le temps. Au final, elle participe à tout ce que je fais. C’est devenu un projet de vie commun.

Je participe à de nombreux projets internationaux. Oui, je bouge beaucoup. L’an dernier, je suis allé courir trois fois aux Etats-Unis. Je suis également allé au Chili, sur l’Ile de Rodrigue, à la Réunion, j’ai pas mal bougé. Pour moi, ce sport nature va de pair le fait de pouvoir voyager. Après, mon but, c’est de transmettre ma passion et de donner envie. J’ai un site internet où j’essaie de raconter ce que j’ai vu. Le but n’étant pas de « crâner » mais plutôt de dire « voilà ce que j’ai vu. C’était bien. Allez-y si vous pouvez. » Et dans le cas contraire, je partage avec vous. J’ai aussi une chaîne Youtube pour les vidéos.

Mon objectif en 2018 est de réaliser des courses qui me correspondent pas mal, c’est-à-dire assez longues et où il faut être très costaud. Comme l’Ultravasan, en Suède, ou celle de San Francisco aux Etats-Unis. Cela va être assez hard car l’entrainement est vraiment difficile pour des courses comme ça. Ce sont des courses qui font entre 70 et 80 km et se courent en 7h.

Quand je ne connais pas la course, j’échange toujours avec des potes qui l’ont déjà faite ou qui la connaissent. Ils me donnent de bons conseils pour pouvoir bien la faire. C’est un sport individuel mais il y a une grosse solidarité. On le voit sur les courses, on se tire la bourre mais une fois la ligne d’arrivée franchie on redevient potes. On s’entraide, même, pendant la course. Selon les affinités, quand un pote n’est pas bien, j’essaie de l’encourager pour qu’il continue à avancer. Comme on n’est pas sur le même rythme que sur un sprint, on peut se permettre de discuter. 7-8h de course, c’est quand même immense, alors si on se fait la gueule entre nous, ça peut être très long.

Crédit Photo / Droit Réservé

C’est ça que j’adore dans ce sport-là. Et c’est ce que j’essaie de transmettre sur mes posts sur les réseaux sociaux et sur mon site internet. J’aurais préféré faire un sport collectif parce que j’adore être avec les autres. Mais au final, je me dis que courir me correspond bien parce que je suis un peu un ours qui aime bien être tout seul. En revanche, j’aime beaucoup aider. Ce sport est un bon compromis entre l’envie d’être seul et celle de partager.

 


Yoann Stuck

Traileur français au parcours atypique.

Translate »