ICONZ de la semaine : Wilt Chamberlain

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Les débats pour savoir qui est le meilleur joueur de basket de tous les temps opposent toujours les mêmes joueurs  : Jordan, Le Bron et parfois Kobe. Des joueurs merveilleux qui ont amené le jeu à une autre dimension. Il n’y a aucune contestation possible. Il est cependant un homme qui peut contester ce titre à chacun de ces prétendants. Cet homme, c’est Wilt Chamberlain. L’homme de tous les records. Il a détenu jusqu’à 100 records NBA…

Définir le meilleur joueur de tous les temps, c’est aussi définir sa vision du basket. Il est évident que c’est un débat qui n’a aucun sens. Les époques n’étant pas comparables. Il est cependant un homme qui pendant la durée de sa carrière à marcher sur son sport et piétiner les records. On parle d’un homme qui a banalisé certains exploits statistiques  : le seul joueur de l’histoire de la NBA à avoir réussi un double triple double (plus de 20 dans 3 statistiques  !), seul joueur à avoir réussi 40 dans deux catégories (à huit reprises  !)….

Se plonger dans l’histoire de Wilt Chamberlain, c’est se noyer dans un océan de chiffres tous aussi fous les uns que les autres. Sur les 100 records NBA qu’il a détenus, il en détient encore… 71  ! Dont certains ont résisté aux plus grands joueurs de l’ère moderne comme la meilleure moyenne de points ET de rebonds cumulées sur une saison pour un débutant (37,6 pts pour 27 rebonds par match…).

Docteur J et Jojo ont marqué la prise de pouvoir des arrières sur le jeu. Le Bron est la quintessence du joueur dominant dans tous les domaines du jeu. Magic puis Stockhton ont hissé la passe à un niveau artistique. Stephen Curry repousse à chaque match les limites du tir. Chamberlain restera pendant encore des années le joueurs ayant le plus dominé son jeu. Il est celui qui a un soir de mars 1962 franchi le mur des 100 pts. Il est le seul basketteur à connaître cette ivresse de culminer à cette hauteur. Kobe Bryant avec ses 81 pts est celui qui s’est rapproché le plus cet exploit.

A la lecture de ses différents records, on imagine un joueur dominant physiquement. Une sorte de monstre comme Shaquille O’Neal ou Dwight Howard. Il n’en est rien. A son arrivée en NBA, il souffre même d’un déficit physique qui lui vaut le surnom de Wilt the «  Stilt  » (l’échassier). Du haut de ses 2m16, Chamberlain est un joueur à la technique soyeuse. Il maîtrise ses fondamentaux à merveille. Wilt the «  Dipper  » (la louche), un autre de ses surnoms, est le symbole de son aisance balle en main.
Chamberlain suit le parcours classique d’un basketteur U.S  de son époque: le lycée, l’université puis la ligue professionnelle. La seule différence avec les autres est que lui écrase tout sur son passage et laisse déjà présumer de la domination à venir. Dans ses années lycée et universitaires, il brille aussi bien sur les parquets que sur les pistes d’athlétisme. Son aisance physique vient sans doute de là.

Après trois années à l’Université de Kansas, Chamberlain, trop jeune pour signer en NBA, rejoindra la troupe des Harlem Globe-Trotters. Cette période se clôt sur un échec en finale face à l’équipe de North Carolina et un titre de meilleur de la finale. Comme un symbole de sa future carrière professionnelle. Car c’est bien là le souci de Chamberlain et qui fait qu’il n’est pas une évidence comme meilleur basketteur de tous les temps malgré ses records dont certains semblent inaccessibles même aux extra-terrestres de la NBA  : il brille mais ne gagne pas. Dans pays où seul la victoire compte, cela pose un vrai souci.

«  L’Echassier  » de Philadelphie n’a gagné que deux titres NBA dans sa carrière. Il a sans doute payé le fait de jouer à la même époque que la plus grande équipe de basket de tous les temps (navré pour les fans des Lakers)  : les Celtics de Bill Russell. Boston des années 50-60, c’est une domination sans aucun équivalent dans les sports collectifs avec 11 titres en 13 années. L’équipe est construite autour d’un pivot tout aussi dominant Chamberlain mais moins offensif. Leurs oppositions ont marqué l’histoire de la NBA. Elles vont donner naissance à la première grande rivalité de cette ligue. De celles dont les médias et les fans aiment à se délecter. Pourtant, c’est une rivalité pleine de respect. Dès leur première rencontre, l’un et l’autre auront des mots élogieux à l’égard du supposé rival. A l’instar de Magic et Bird, 20 ans plus tard, ils vont devenir BFF. Ce qui amènera Bill Russell à tenir ces propos empreints d’une certaine sagesse  : «  Nous étions en compétition. Dans une rivalité, l’un est vainqueur, l’autre est vaincu. Aucun de nous n’a jamais été vaincu  ». Ainsi parla le joueur le plus titré de toute l’histoire de la NBA…

Crédit Photo / Droit réservé

La longue carrière de Chamberlain sera marquée par une relation particulière avec une autre équipe que les Celtics  : les Knicks de New York. Le 24 octobre 1959, il inaugure face à eux sa première soirée NBA et marque les esprits  : 43 points et 28 rebonds. Performance inégalée par un débutant à ce jour. Et il est légitime de penser qu’elle puisse ne jamais l’être. Sa carrière sera ponctuée d’autres performances XXXL face à l’équipe de Big Apple. Il réalise ainsi 4 de ses 10 meilleures performances en termes de scoring face à eux (toutes supérieures à 65 points…). Parmi ces performances, il y a bien sûr celle qui l’a fait rentrer à jamais dans l’Histoire de la NBA, du basket et du sport  : les 100 points dans un match. Cette soirée sera marquée de nombreux records. De ce 2 mars 1962, il dira  : «  il faisait chaud cette nuit-là, c’était seulement un match parmi tant d’autres et on me passait souvent la balle  ». Ce match contre les Knicks est le point d’orgue d’une saison 1961-1962 hors normes qui le verra devenir le seul joueur de l’histoire à avoir marqué plus de 4000 points en une saison. Saison qu’il finit en n’ayant loupé que… 8min33s à cause d’une exclusion lors d’un match. Encore un record. Comme un clin d’œil du destin, il gagnera son deuxième titre (et dernier) avec les Lakers face aux Knicks.

Entre son premier match en 1959 et sa fin de carrière quatorze ans plus tard, Chamberlain est devenu un joueur très différent. Pour gagner, il a accepté de suivre les conseils de ses coaches et de partager le ballon avec ses coéquipiers. Il gagne ainsi son premier titre avec Les 76ers en 1967. Il finira 3ème meilleur passeur de la saison avec 7,8 passes décisives. Et fera encore mieux la suivante en étant le meilleur fournisseur de caviars de la ligue avec 8, 6 passes… Même en dominant moins au niveau des points, il est resté une vraie menace offensive pour le plus grand plaisir des fans des Lakers.

Crédit Photo / Droit réservé

A la question qui est le meilleur joueur de tous les temps, le livre des records délivre une réponse sans aucune équivoque  : celui qui détient encore 70 records NBA… Encore une fois, il s’agit d’une appréciation propre à la vision de chacun. Un fan des Celtics vous dira que seul compte le nombre de bagues et là personne ne pourra contester le règne sans partage de Bill Russell. D’autres vous diront la capacité à relever les défis. Robert Horry avec 7 titres dans 3 franchises différentes mérite largement ce
titre. Enfin…


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