Courir pour vivre – Partie 1/2

Stories, Trail, Yoann Stuck
Yoann Stuck

C’est en 2010, alors qu’il n’avait plus fait de sport depuis son adolescence, pesant 90 kg et ayant une mauvais hygiène de vie, que Yoann Stuck décide de se mettre à courir du jour au lendemain après avoir arrêté de fumer. Il devient ainsi un des meilleurs Français sur Trail*.

« Avant, j’aimais la vie mais j’étais quelqu’un de mort. Aujourd’hui, je suis vivant **  » . Plus jeune, je n’étais pas sportif. J’ai fait un peu de foot mais pas longtemps. C’était surtout pour être avec les copains. Il n’y avait personne dans mon entourage pour me motiver. Le sport n’avait pas de réelle importance dans ma famille. Je suivais un peu le foot et ce qui avait autour. Mais comme ça. Je m’intéressais au sport mais pas vraiment en tant que pratiquant.

J’ai toujours été actif quand j’étais enfant : j’ai grandi à Châteauneuf de Gadagne, un petit village à côté d’Avignon. Du coup, on est toujours un peu actif sans s’en rendre compte. Mais je n’étais pas du tout à fond dans le sport en tout cas pas à me projeter dans une carrière sportive. Marseille étant proche d’Avignon, le foot était prédominant. Mais j’ai touché un peu à tout : tennis, judo etc… Sans vraiment être à fond dans un sport.

Crédit Photo : Droit Réservé
Crédit Photo / Droit Réservé

Après l’adolescence, je n’ai plus du tout fait de sport. Je suivais toujours le foot et d’autres sports comme l’athlétisme. Notamment au moment les Jeux Olympiques. Durant cette période, je me suis empâté car j’avais vraiment tout arrêté. Je faisais 90kg pour un peu plus d’1 mètre 80. J’alignais plus les mètres de shooters que les kilomètres dans les sentiers. Il m’est arrivé une fois de ne plus savoir où j’avais garé ma voiture. L’alimentation n’était pas importante pour moi, je privilégiais plutôt les pizzas et les pâtes carbonara. Le running était alors totalement inconnu pour moi. Je ne connaissais même pas la distance d’un marathon. Mon alimentation était également catastrophique. J’avais 2 boulots : l’un la journée et l’autre le soir. Dur de faire du sport et surtout de manger correctement. En plus, mon second job du soir était pizzaïolo.

Quand j’ai arrêté de fumer. Je me suis dit : « quand on arrête de fumer, on prend du poids », et je ne voulais pas atteindre le quintal. On dit qu’en général on se jette dans quelque chose d’autre au moment du sevrage. J’ai tenté de me jeter dans le sport plutôt que dans la bouffe à ce moment-là. Un jour, j’ai pris une paire de basket, un short de foot, un t-shirt  et je me suis lancé dans la course à pied comme ça. Sans savoir combien de temps j’allais mettre, comment ça allait se passer. Au final, j’ai fait 20 minutes. J’étais content. J’ai bu une bière direct en arrivant. Derrière, je me suis dit, c’est pas mal. Donc, j’ai essayé de rallonger en courant 25 minutes sans forcément courir plus vite.  Donc, 25 min, 30 min… A force, j’ai fini par monter à l’heure. Après mon plus gros challenge a été de courir le 10 km de Lyon en moins de 45 minutes.

Crédit Photo / Droit Réservé

Il m’a bien fallu un mois- un mois et demi pour courir une bonne heure. Au départ, je courrais deux à trois fois par semaine. Je pense que c’est plus difficile pour une personne qui a eu une pratique très explosive ou très fractionné d’atteindre le palier de l’heure que pour quelqu’un qui n’a pas d’antécédents sportifs. Je pense que l’adaptation est plus simple.

Cela s’est fait de manière progressive. C’est ce que j’essaie de transmettre autour de moi : il faut y aller progressivement. Il ne faut pas vouloir griller les étapes : ne pas vouloir commencer directement par du fractionné, commencer par faire du fond, habituer son corps aux chocs car la course à pied est très traumatisante. Ce sont les premiers conseils que je donne.

Crédit photo / Droit Réservé

 

A suivre…

*Trail: Course à pied
**: Phrase prononcée par Yoann Stuck sur son site internet : Site de Yoann Stuck


Yoann Stuck

Traileur français au parcours atypique.

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